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La Mini sportive dans la publicité
Une Mini familiale...
En 1956, la crise de Suez plonge l'Europe dans une crise pétrolière grave. La Grande Bretagne est ainsi "envahie" par les Bubble cars importées du continent, parce que ce sont les seuls véhicules économiques capables de répondre à la demande intérieure.  Leonard Lord, alors Président d'Austin Morris, demande à Alex Issigonis de lui proposer une petite voiture ayant des performances comparables aux berlines. 

Les contraintes majeures imposées, sont qu'elle doit être de petite taille, avoir beaucoup d'espace intérieur (80%) et un moteur suffisamment puissant pour tracter le tout .
Le 26 Août 1959 la première Mini est présentée au public, et la cible marketing choisie est par évidence familiale, ou féminine  et à revenu modeste. Les publicités de l'époque reflètent ainsi ce ciblage en mettant en avant la capacité de transport tant des personnes que des bagages.
Changement de cap !
Quasiment dès sa sortie, la Mini 850cc a rencontré un certain succès en rallye, mais rien de flamboyant. 1961 voit l'arrivée de la Mini Cooper et Cooper S, qui va assurer la suprématie de la Mini dans quasiment tous les rallyes internationaux où elle sera engagée. Les victoires les plus marquantes restant probablement celles du Monte Carlo 1964, 1965, et 1967, mais surtout la disqualification de 1966 qui apporta une publicité phénoménale et inattendue à la Mini. 

Cooper S d' Hopkirk - Liddon Monte 1964

Un rententissement de "taille" dans la presse !

Dès les premiers succès de la Mini Cooper en compétition, les vente de la gamme entières furent dopées notamment parce que le public touché était international. Les succès sportifs étaient tels, qu'ils représentèrent alors, le meilleur argument marketing pour le groupe BMC qui cessa immédiatement toute publicité auprès de la gente féminine....

Aaltonen - Liddon Monte 1967

Cooper S d'Aaltonen - Liddon Monte 1968

La mini au service de la marque.

On s'éloigne ainsi très rapidement de la voiture qu'Alec Issigonis avait conçue pour l'infirmière itinérante, et dorénavant c'est une part du rêve sportif qui sera vendue aux clients qui achètent une Mini et à fortiori une Mini Cooper.  

Peut-on trouver meilleurs arguments qu'une Mini victorieuse ?

Dès 1963, apparaissent des publicités ne faisant que mentionner les résultats de la Mini Cooper, sans même qu'une photo ne figure sur ces annonces ! 

Les têtes pensantes du marketing étaient tellement sûr de leur succès, que certaines affiches étaient commandées avant même que les rallyes n'aient eut lieu !

De manière beaucoup plus classique, des marques comme Castrol, Dunlop ou Champion, ont elles aussi, bénéficiées de l'image porteuse de la Mini en compétition.

Les succès en rallyes se faisant de plus en plus rare à partir de 1968, l'image de la Mini disparue peu à peu de la publicité.
Retour en compétition...
Vers la fin des années 80, David Blume, Président de Rover Japon, persuade la maison mère de réintroduire la Mini avec quelques modifications : airbag, renforts latéraux...afin de répondre aux normes de sécurité. 
Blume ciblait les femmes, une étude montrait en effet que les 60 millions de japonaises, dont le style de vie indépendant s'affirmait, devaient naturellement s'orienter vers la Mini. Mais en fait ce furent 90% de "mâles" qui achetèrent la petite anglaise, démontrant une nouvelle fois, si besoin est, que la cible uniquement féminine était inappropriée.

Au début des années 90, le Japon importe 40% de la production totale de Mini, avec un engouement certains pour la Mini Cooper. Il est ainsi fort à parier que le retour d'une Mini Cooper d'usine, pilotée par Paddy Hopkirk, au Rallye de Monte Carlo 1994, n'est peut-être pas étranger à une stratégie publicitaire autours du caractère sportif de la Mini...

Alexandre Olier