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Découvrir / Histoire / Dérivés de production

01. Généalogie 

Dernière mise à jour : 30 agosto, 2007

 
     

1.3 Les prototypes

 
Léonard Lord était quelque part un puriste, aussi il ressenti l'arrivée des "bubble cars" sur les routes britanniques d'après guerre comme une invasion voire une offense. Sa volonté était à cette époque de les éradiquer des routes de sa gracieuse majesté.....
 
Mars 1957, Lord demande à Alexander Arnold Constantine Issigonis d'abandonner tout travail en cours et notamment son projet XC9001 et de se consacrer exclusivement à concevoir une Miniature de la Morris Minor, avec des éléments déj à existants. Lord n'hésite pas à déclarer à Issi : " Vous pouvez utiliser tous les moteurs que vous voulez, si ils sont déj à sur nos chaînes de production".
 
Sans avoir une dénomination établie, la futur Mini est déj à affublée d'une appellation standard de projet : ADO 15 (Austin Drawing Office n°15). Notons toutefois que le travail réalisé sur le prototype XC9001 peut paraître avant coureur de celui de la Mini. En effet si on oublie le moteur tout aluminium et la traction arrière....  ce véhicule possède déj à une suspension hydrolastique et a une vague ressemblance avec ce que pourrait être une Mini à quatre portes.

 

 

Projet XC9001 1956.

 
Alors que les diplomates de six nations européennes majeures  construisent le futur de l'union à Rome, une petite équipe d'une dizaine de têtes pensantes concentre ses efforts sur ce projet au "Kremlin" de Longbridge.  Au départ celle-ci est composée de  :
 
 
Jack Daniels (Morris, très impliqué dans les systèmes de suspension),
John Sheppard (Alvis, en charge de la structure monocoque avec Everton),
Vic Everton, (impliqué dans la structure monocoque avec Sheppard),
Chris Kingham (motoriste chez Alvis),
Chris Mac Kenzie,
John Wagstaff,
Charles Griffin (Morris),
Dick Gallimore (concepteur des coques expérimentales),
Ron Dovey (constructeur des coques),
Ron Unsworth,
Dick Gallimore
Georges Cooper (dernier "interpréteur' des "brouillons" d'Issigonis).
.
Ce noyau dur servira à formaliser les idées du concepteur.
 
Chris Kingham, et Jack Daniels, participent à quelques "brainstorming" avec Alec. Ce dernier ne s'embarrasse pas de précision, et par de rapides calculs, et dessins à main levée (certains bien connus au dos d'une enveloppe ou sur des sets de table), transcrivent dans un premier temps de manière visuelle ses idées. Alec communique avec son équipe via des dessins, puis tel un sculpteur corrige petit à petit son oeuvre.
 
 
Ce mode de communication quelque peu brouillon mais réfléchi, pose les bases du projet. Alec n'en changera pas ! Charge à Sheppard et Everton de reformuler avec plus de précision les multiples dessins du maître. Cette méthode de travail hors norme, dans un pays plutôt conservateur, inquiète quelque peu. Au final ce mode de travail se révèlera efficace, pour cette équipe projet autonome bénéficiant d'une totale liberté.
 
 
1. Je "brouillone", vous reformulez !
 
Construire un véhicule plus grand qu'il n'en a l'air est un défi que doit relever Issigonis. 80% de l'habitacle doit être réservé aux passagers, et un maigre 20% à la motorisation ! En terme de dimensions, il se doit de surpasser la Fiat 600 de son homologue Dante Giacosa. La solution retenue par Giacosa pour optimiser l'espace passager consiste à mettre le moteur 4 cylindres à l'arrière.
 
 

Fiat 600 de Dante Giacosa

 
Issigonis est très excité par le "challenge" et souhaite concrétiser quelques idées ..... qu'en fait il impose. L'ADO 15 sera munie d'un ensemble moteur/boite à l'avant, unique solution pour obtenir un plancher plat ! Cette idée est loin d'être simple, car compte tenu de la longueur du véhicule, il faudra faire tenir transversalement l'ensemble entre les deux roues à l'avant. Un essai décevant consiste à supprimer deux cylindres pour gagner de la place, mais le moteur devenu poussif avec ses 500 cc n'est rapidement pas retenu.
 
 
2. Avançons rapidement .
 
Issigonis est l'homme d'une seule question : "pourquoi cela n'a t'il pas été réalisé auparavant ?"
 
La solution finale consiste à placer la boite de vitesse (et la transmission) sous le moteur avec un bain d'huile commun, positionner l'embrayage sur un côté du bloc, utiliser une suspension développée par Alex Moulton, et créer des roues et pneus en 10 pouces avec l'aide de Tom French (Dunlop). De telles roues n'ont jamais été utilisées sur une automobile auparavant, et la firme Lockheed est mise à contribution pour concevoir des freins à tambours adéquats.
 
Ces solutions retenues, se concrétisent rapidement au mois de juillet 1957 par la construction d'une maquette en bois. Puis au mois d'octobre de la même année, deux prototypes de couleur orange sont produits. Ils seront surnommés "orange box" (boite à oranges).
 
 
L'un de ces prototypes est affublé d'une calandre de A35, le moteur est positionné de manière transversale, le carburateur se trouve sur la face avant côte à côte du collecteur d'échappement avant.
 
L'équipe est soudée, Alec en est le chef d'orchestre, bien que n'étant pas vraiment de son propre aveux ingénieur dans l'âme, l'artiste en impose par ses schémas et sa posture soignée. Leonard Lord est pressé par le temps, les restrictions d'essence mensuelles par ménage sont alors de l'ordre d'environ moins de 50 litres !
 
Les premiers tests des prototypes sont décevants, l'un d'eux vient même à tomber en panne juste avant de sortir de l'usine. De plus les choix adoptés montrent une faiblesse de taille : par temps froid le carburateur givre ! En effet, le moteur n'est ni plus ni moins que celui de la Morris Minor bricolé. Il faut donc revoir la boite afin de "retourner" le moteur à 180° ni plus ni moins.
 
Quelques études plus tard, tout rentre dans l'ordre avec notamment un carburateur côté tablier avant. Cette modification prendra une année. Le choix final fait que le carburateur est protégé mais l'allumage n'est cependant toujours pas à l'abri des intempéries.
 
11 Juillet 1958 : Lord conduit 5 mn l'un des prototypes autours de l'usine en compagnie d'Alec. Ordre est alors donné de mettre en production l'ADO 15 d'ici un an ! Ceci juste après quinze mois de mise en chantier par l'équipe.
 
 
 
3. Yes Sir !
 
Alec, ne rechigne pas à la tâche et se met immédiatement au travail. La cylindrée étant jugée trop importante, elle est réduite à 848 cc au lieu des 948 cc du prototype d'origine. En effet, les essayeurs sur route ouverte, ont constaté une sérieuse tendance de cette voiture à dépasser sans difficulté des Jaguar et autres modèles sportifs ! Le résultat des performances est étonnant, alors que la vitesse de pointe de la Fiat 600 est de 92 km/h, celle de l'ADO 15 avoisine plus de 140 km/h. Rappelons que le moteur de type A de 803 cc équipait déj à la Morris Minor et l'Austin A30. Le premier prototype de l'ADO 15 était pourvu d'un moteur type A de 948 cc développant 37 CV, avec un seul carburateur.
 

XC9003, 1957.

 
La XC9003 est très ressemblante du produit final. Si on fait abstraction de la grille et des clignotants, nous sommes très proche de ce que sera la Mini ! La légende est en marche.
 
A mesure que le projet ADO 15 se rapprochait d'une possibilité de réalisation finale, c'est légitimement que les départements concernés commencèrent à se préoccuper de trouver une appellation commerciale, ayant en tête qu'il s'agissait d'une conception "purement" Austin.........

 

Alexandre Olier
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